Daniel Pennac
juillet 8, 2006
Em MoVe and Be
Mis en ligne le 04 avril 2004 ![]()
Daniel Pennac doit être l’auteur préféré de la documentaliste du CDI de mon lycée : il est probable qu’il soit le seul auteur dont on trouve autant de livres (en multiples exemplaires) sur les étagères, Rousseau mis à part (il triche, y’a que les Confessions, mais il y a tellement de tomes…). Préférence que je ne saurais remettre en cause.
Daniel Pennac a le don de créer des personnages « hauts en couleur », comme on dit lorsqu’on n’a pas vraiment envie de réfléchir à une formule moins cliché. (Tu déduiras, lectrice, que je ne compte donc pas m’user la cervelle à une telle recherche de vocabulaire).
Pennac a notamment créé, non pas un unique personnage récurrent, mais carrément toute une famille, les Malaussène. La matriarche semble condamnée à suivre toujours le schéma : coup de foudre, bébé, séparation. Dans cette famille où le père est absent et la mère n’est là que par intermittence, c’est le frère aîné, Benjamin Malaussène, qui s’occupe de l’imposante fratrie. Belleville, où ils vivent, est envahie par la violence : attentats à la bombe, meurtres de vieilles dames, réseaux de drogue, massacre de prostituées… Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, apparaît toujours comme le coupable idéal. Et pourtant…
Chacun des romans mettant en scène la tribu Malaussène est une enquête sur un crime. Ca vous réconcilie avec le genre policier.
Au bonheur des ogres
Le Magasin, où travaille Benjamin Malaussène, est le lieu d’explosions d’origines criminelles. Toutes explosent alors que le héros est à proximité. En parallèle, Ben rencontre une journaliste, qui décide de faire un reportage sur lui et son étrange métier : bouc émissaire, payé pour endosser toutes les culpabilités et attendrir le client furieux.
La fée carabine
Les petits vieux de Belleville sont les victimes d’un trafic de drogue, tandis que l’on retrouve des femmes âgées, la gorge tranchée. Malaussène accueille les uns, espérant les sevrer, tandis qu’un ami serbe organise une communauté pour personnes âgées et leur apprend à se servir d’un revolver, ce qui vaut quelque dérapage – dont le meurtre d’un flic. Là encore, Benjamin s’impose en personnage louche…
La petite marchande de prose
Clara Malaussène, la sœur préféré de Ben, se retrouve veuve et enceinte avant même d’être mariée. Le but de son grand frère ? La consoler et la distraire de son chagrin. C’est ainsi qu’il accepte de servir de visage à un écrivain anonyme au succès mondial. Le seul souci, c’est que quelqu’un semble fermement décidé à l’éliminer…
Monsieur Malaussène
Benjamin Malaussène s’apprête à devenir papa, ce qui est source de multiples interrogations : est-il prêt ? Est-on bouc émissaire de père en fils ? Est-ce le bon moment, le bon monde pour avoir un enfant ? Où est passée Julie ? Qui assassine et découpe en morceau les prostituées que Gervaise, sainte authentique, a prises sous son aile ?
Des chrétiens et des Maures
Un matin, le Petit pousse son bol devant lui. Il veut son papa, et tant qu’il ne l’aura pas, il ne mangera pas. Affolement de Ben, le frère dévoué : chez les Malaussène, le père est inexistant : impossible de savoir où est passé le géniteur, ni même s’il est encore vivant. Il va pourtant falloir trouver vite…
Aux fruits de la passion
Thérèse, la seconde sœur de Benjamin Malaussène, dont la seule passion n’a jamais été que l’astrologie, projette de se marier avec un énarque, au grand dam de son frère. Lequel se tient très méfiant, vu que le dernier mariage dans la famille s’est fini en taule pour lui, et dans un cercueil pour le marié…
Mais l’œuvre de Daniel Pennac ne se limite pas à cette série des Malaussène : il est également l’auteur de Comme un roman, un livre sur la lecture et notre façon de l’imposer aux enfants notamment, et de Messieurs les enfants, où trois élèves chahuteurs ont une rédaction-punition à faire, dont ils se retrouvent subitement les acteurs. Le sujet de la rédac ? « Un matin, vous vous réveillez, transformés en adultes. Vous vous précipitez dans le chambre de vos parents : ils ont été transformés en enfants. »